Des goûts et des couleurs

Pigments et épices dans la mondialisation

 

Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux

Qui, du Texel, de Londres, de Bordeaux,

S’en vont chercher, par un heureux échange

De nouveaux biens, nés aux sources du Gange,

Tandis qu’au loin, vainqueurs des musulmans,

Nos vins de France enivrent les sultans ?

 

Voltaire, Le Mondain, 1736

 

Avec un certain enrichissement des sociétés urbaines et le phénomène de plus en plus prégnant de la mode, la demande européenne de pigments, teintures et colorants pour la décoration, le textile et l’art se fait plus pressante et entraîne la mutation des sociétés des autres continents et des phénomènes de concurrence commerciale acharnée. Les épices, qui avaient été le moteur, avec l’or, de la première mondialisation, suscitent de même bien des convoitises et des bouleversements. C’est à une histoire des relations internationales fondée sur une inclination croissante pour le luxe que ce cours se consacrera, plaçant l’économique, le politique et le social sous la bannière, colorée et savoureuse, du culturel.